Pourquoi je voterai blanc au second tour

Le 7 mai le peuple est appelé à choisir entre une fasciste capitaliste et un néolibéral capitaliste.

Je ne choisirai pas.

En 2002 voter pour Chirac faisait sens, l’idéologie néolibérale ne s’était pas encore imposée et la priorité était de lutter contre le fascisme. Malgré la sidération il y avait l’espoir d’écraser la bête immonde.

Aujourd’hui cet espoir n’est plus là, les Le Pen sont toujours présents et leur nombre d’adhérents ne fait qu’augmenter. Leur présence au second tour n’est même plus une surprise. Des deux, c’est plutôt Macron qui était inattendu.

Pour autant je refuse de voter pour lui et de brader mes idéaux anti-libéral, anti-capitaliste, féministe, végane, anti-raciste etc. La raison est très simple : son programme va de toute façon mener à la victoire du fascisme. Cet homme se propose ni plus ni moins de mettre un terme aux avancées sociales mises en place par le Conseil National de la Résistance à la Libération. Fini, la sécurité sociale telle qu’on la connait et notre système de retraite que de nombreux habitants de la planète nous envie. Fini, la légère socialisation de l’économie, déjà mise à mal par les gouvernement d’austérité mis en place à partir des années 1980. Bonjour  la précarité et la baisse de revenus dû à la déréglementation du code du travail. Les entreprises pourront enfin licencier plus facilement, augmenter les horaires de travail, et généraliser les embauches au SMIC et les contrats courts. Macron s’apprête à instaurer le programme idéal du MEDEF et des grands patrons qui le financent.

En 2002 tout le monde s’était rangé derrière Chirac et pour quel résultat ? Toujours plus de crise financière, de précarité, de terrorisme, de racisme, de sexisme, d’homophobie, de privations de liberté. Et le fascisme n’a pas disparu.

Les idées de Macron qui sont en train de s’imposer sont celles de Milton Friedman, celles de la dérégulation totale des marchés. Ce n’est pas la première fois que le néo-libéralisme est mis en place, il l’a par exemple été en Grande-Bretagne dans les années 80 et cela à conduit à une augmentation incroyable de la pauvreté de la population. En fait ce néolibéralisme est lui-même un fascisme dans le sens où il considère que tout doit plier à la loi du marché, l’économie primant sur le social et l’humain. La règle du profit avant tout broie les humains, les inégalités sociales ne cessent de croitre, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

Si on applique un tel programme on arrive fatalement à une paupérisation de la société. Or c’est de là que fermente le terreau du fascisme, parmi les classes sociales, Le Pen a fait le plus gros score chez les employés et les ouvriers, quand on est désespéré on n’est plus à même de réfléchir correctement et cela incite à voter contre ses intérêts de classe (rappel : Le Pen est une bourgeoise qui ne se propose nullement de partager équitablement les richesses mais de garder l’ordre social comme il est, juste avec moins d’étrangers), donc même si elle n’est pas élue cette année elle risque de l’être en 2022.

Je ne donnerai donc pas ma voix à quelqu’un qui se propose d’appauvrir la population et qui ne dit rien sur les autres champs des luttes sociales. Rien pour lutter contre le sexisme, rien contre le racisme, ou l’homophobie et la transphobie. Quand aux animaux n’en parlons même pas, il est pro-chasse et pro-élevage industriel, la messe est dite, les animaux doivent se préparer à 5 ans de nuit. Ceci dit je comprends tout à fait ceux qui ont fait ou feront le choix de voter malgré tout pour Macron à contre cœur, et je respecte ce choix.

La France a raté son rendez-vous avec la transition écologique sociale qui doit et sera mis en œuvre un jour. Car c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu (et celle des animaux mais vu que tout le monde s’en fiche…), le capitalisme détruit la planète, et s’il n’est pas lui même détruit par ses contradictions, il le sera par épuisement des ressources de la planète. Il vaudrait mieux s’en rendre compte avant et faire les réformes qui s’imposent que de sombrer dans la catastrophe écologique. Mais ce ne sera pas pour ce quinquennat, croisons les doigts pour que ce soit pour le suivant (ou avant).

Les partis de gauche ont leurs responsabilités dans ce triomphe du capitalisme et du fascisme. A commencer par le PS qui a abandonné toute idée de justice sociale et a capitulé sans condition face au libéralisme, reniant tous ses idéaux (qui n’étaient déjà pas très hauts à la base, y compris au temps de la SFIO), les électeurs désertent et c’est normal puisqu’iels n’ont plus rien à proposer, aucune idéologie, aucun discours, rien que du vide et du creux. Benoit Hamon a tenté de sauver les meubles et on peut saluer son effort comme un chant du cygne, mais il est évidemment trop tard le PS ayant perdu toute crédibilité pour les classes populaires. Mélenchon a fait un score honorable mais uniquement parce qu’il a siphonné les voix de LO, NPA, PCF et une partie du PS. C’est évidemment insuffisant.

Les prochaines étapes sont les législatives et… la lutte dans l’opposition. Pour ce faire il sera nécessaire d’étendre le nombre de voix afin de peser plus politiquement. Cela passe par recomposer la gauche, une vraie gauche, celle qui défend avant tout et qui parle aux classes populaires (majoritaire dans la population rappelons-le, 90% des actifs sont salariés) et défend la justice sociale. Cela passe aussi par une alliance de tous les partis de gauche, une union difficile face à tant de différences idéologiques mais a-t-on le choix quand l’adversaire est si puissant ? Seule une gauche radicale qui affirme ses valeurs historiques et tient un discours ferme et crédible, saura donner la force de croire en une alternative face au libéralisme, au conservatisme et au fascisme. A cette condition seulement nous pourrons peser dans l’opposition ces cinq années à venir. Une opposition qui devra se faire sur tous les fronts, à la fois dans les urnes et sur le terrain.

Ni Macron ni Le Pen
Ni patron ni patrie !

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